Depuis Canossa, une carte postale…

J’étais peut-être naïf en écrivant ce blog.

J’ai appris à mes dépens qu’internet est un village où tout se sait.



L’adresse de ce blog est donc arrivée sur les écrans de personnes dont j’ai parlé, dans certains de mes textes, de manière désagréable et parfois virulente. Si l’anonymat formel permet d’éviter à Madame MICHU de les reconnaître, les personnes concernées, et celles qui les connaissent ou me connaissent, ont identifié les acteurs des scènes que j’ai décrites.


Il est toujours blessant de découvrir que l’on parle de vous ainsi, a fortiori en public.


Je conçois qu’aujourd’hui on me demande des comptes.



Je tiens à dire à celles ou ceux qui se sont sentis visés ou mis en cause par mes textes que cette page est la leur. Ils peuvent laisser des commentaires sous cet article s’ils le souhaitent, en usant d’un pseudonyme bien sûr (leur adresse mail n’apparaîtra pas). Je ne modérerai pas leurs commentaires, pas plus que je n’ai modéré mon propos dans mes textes. Ça me semble juste de permettre à chacun de s’exprimer.



Je souhaite simplement que les textes que j’ai écrits seul, publiés seul, n’aient pas d’effets collatéraux sur la vie de mes collègues de juridiction. Aucun d’eux ne figure d’ailleurs parmi mes commentateurs réguliers ou occasionnels, et je crois que bien peu me lisaient.


Ce journal n’a jamais cherché à exprimer autre chose que mon ressenti, mon vécu et ma perception des événements. Tout cela m’est personnel et je n’ai jamais prétendu avoir la connaissance universelle. Mes opinions n’engagent que moi.



J’avais juste eu envie de partager mes impressions, mes sentiments. Peut-être parce qu’internet est un espace de liberté. Sûrement parce que je crois que, bien que magistrat, j’ai une liberté d’expression, comme tout un chacun. Peut-être aussi parce que je n’ai pas trouvé d’autre espace d’expression.


Lorsque Philippe BILGER, Eric de MONTGOLFIER et quelques autres écrivent des livres sur leurs carrières respectives, ils y évoquent un certain nombre de personnes, magistrats, élus ou autres, qu’il est facile d’identifier.


Moi, je n’ai pas d’éditeur, je ne suis pas haut magistrat, je n’ai pas de grandes histoires à raconter. Je n’ai que mon ordinateur, et les pages que m’offre l’hébergeur de ce blog pour mes toutes petites histoires.



Les commentaires que vous m’avez laissés depuis quelques mois m’ont encouragé à poursuivre le récit que je vous fais de ma vie de petit magistrat dans un tribunal ordinaire, dont vous vous fichiez bien, pour la plupart d’entre vous, de savoir où il se trouve.


Je crois que certains, collègues magistrats, avocats, policiers ou autres, se sont même retrouvés dans mes propos.



Aujourd’hui, ce journal s’arrête.


Pas comme je l’avais imaginé.


Dommage.

J.O.

86 Réponses à “Depuis Canossa, une carte postale…”

  1. Juju dit :

    Qu’ est ce que c’ est que cette histoire ? Comment çà ce journal s’ arréte? Et pourquoi?
    Parce que des gens dont il était question ont lu vos articles? Et alors? Nous sommes en démocratie, et les dites personnes peuvent vous répondre sur ce blog, lequel se verra appliquer le principe du contadictoire auquel nous sommes si attachés.Votre blog est mon bol d’ air, mon réconfort , lui et ses commentaires.Ne partez pas, justicier ordinaire, on a besoin de vous….

  2. Mussipont dit :

    Je serais profondément déçu si ce blogue s’arrêtait, il y a tellement peu de magistrats qui osent s’exprimer!

    C’est ça la démocratie française?

  3. Sofienne dit :

    Et m*… comme on dit.

    J’espère que finalement, vous n’en viendrez pas à fermer ce journal, malgré cette annonce.

    Que l’on vous demande des comptes est une chose – et pas inattendue. Que ceci soit rhédibitoire en est une autre. Vous servez la justice, vous l’aimez, cette justice, bien que vous déploriez que votre institution soit organisée de façon imparfaite.

    Vous êtes digne. Et lorsque parfois vous lancez des pics, on lit bien qu’il s’agit de relever quelque chose qui à votre sens est « dommage », regrettable, avec le secret souhait de l’améliorer, mais que jamais il ne s’agit de détruire.

    Puis vous nous permettez à nous, simples mékeskidis, de mieux comprendre votre profession, ses enjeux, sa finalité. Vous nous en donnez une meilleure image que celle que l’on pourrait avoir en ne lisant que la presse.

    Alors quoi, quelqu’un est blessé dans son orgueil, et exerce une pression suffisante pour que vous cessiez d’alimenter ce blog ? Si je peux vous comprendre à titre personnel (c’est qu’il vous faut aussi penser à vous, ne serait-ce qu’un peu, de temps en temps, altruiste que vous êtes !), j’aimerais tout de même bien dire à cette personne (si elles sont pleusieurs, qu’elles se partagent ce commentaire) qu’elle nuit à l’image de la justice. Qu’elle lui enlève une part de son humanité dont elle a pourtant bien besoin. Qu’en en appellant – probablement – à votre devoir de réserve, elle se fait le frein de ce qui peut nous aider à vous comprendre et à vous respecter. « Vous », pas seulement l’humain, mais aussi la fonction.

    Alors c’est bien dommage. J’espère seulement que ce commentaire ne vous desservira pas. S’il le devait, effacez le, tout simplement.

    J’espère vous lire sous peu,

    Sofienne.

  4. Sans-cible dit :

    Je vais finir par me résigner.
    Ou peut-être pas.

    J’ai toujours été naïve. J’ai toujours cru que tout irai bien, que tout finirait par s’arranger.
    Que la malhonnêteté, l’égoïsme, la bêtise humaine, ne seraient jamais vainqueurs.
    Et pourtant, avec tout ce qui m’arrive en ce moment, je n’ai toujours pas envie de baisser les bras.
    Mais si toi, que j’ai toujours lu avec attention, si toi, qui as toujours su trouver la parole efficace pour me redonner foi, si toi tu abandonnes, alors, peut-être, je vais finir par me résigner.
    Ou peut-être pas.

     » Les perdants ne seront jamais vaincus tant qu’ils ne le se seront pas avoués. « 

  5. Deputy Sheriff dit :

    Très cher J.O.
    Je craignais pour vous que certains de vos acteurs ne se reconnaissent un jour… lorsque j’ai commencé à vous lire il y a quelques mois, je m’étais dit « il est couillu le garçon ! ». J’étais et je demeure admiratif. Lancer ainsi sur le web son ressenti contre le système et contre certains chefs de juridictions, il fallait quand même oser. J’imagine que vous aviez cependant longuement et murement pesé la question avant de vous lancer. Jongler entre sa liberté d’expression et son devoir de réserve, voire sa loyauté, n’était surement pas un exercice aisé pour le fonctionnaire que vous êtes. Vous aviez choisi une voie difficile. Peut être une voie périlleuse.

    Je note toutefois que si certains personnages se sont reconnus alors même que leur anonymat était préservé, c’est sans doute parce que vos billets décrivaient (trop) fidèlement leurs personnalités et leurs actes.

    User aujourd’hui de leurs fonctions et de leur pouvoir pour mieux étouffer certaines vérités ne les grandira pas. Bien au contraire. User de ce même pouvoir ou s’acharner pour vous écraser, serait méprisable !

    Vous écrivez qu’aujourd’hui on vous demande des comptes. Puisque l’on est encore en période de vœux, permettez-moi d’ajouter à ceux que j’ai déjà exprimés, celui que cette affaire ne vous porte préjudice, ou ne vous pousse à partir hâtivement vers une destinée œnologique. La Justice a besoin d’Hommes comme vous.

    En y réfléchissant bien, vous n’avez finalement fait qu’écrire ce que certaines personnes pensent, ou disent tout bas autour d’un café. Pas de quoi fouetter un chat. Si certains acteurs qui se sont reconnus se sentent blessés dans leur amour propre et leur orgueil, tant pis. Par intelligence, ils auraient pu faire mine de ne rien savoir de ce blog et d’ignorer vos commentaires satyriques.

    Lorsque vous reviendrez de Canossa, j’espère pouvoir vous retrouver sur ce même blog. Vos commentaires seront forcément moins incisifs, mais je ne doute pas un instant qu’ils seront moins passionnés, pertinents et drôles.

    Ne réagissez pas trop hâtivement sous le coup de l’émotion. Votre public a besoin de vous !

    Si toutefois vous décidiez de partir quand même. Permettez-moi de vous dire MERCI.
    Merci d’avoir bien voulu partager avec nous vos émotions, votre ressenti et votre vision de cette Institution qui demeure encore trop incomprise et méconnue. Merci de nous avoir fait rire avec votre coté Mike Brant.

    Merci pour tout et à très bientôt je l’espère.

  6. Chibile dit :

    Ce ne sont pas les journaux ou les fascicules qui donnent envie d’être juriste, ce sont les gens comme vous, dans ces petits tribunaux anonymes et ordinaires comme vous dites.
    Je ne sais si c’est parce que je ne les découvre que maintenant, ou parce qu’ils se propagent, mais les blogs de juristes sont un plaisir à lire, une incitation à la profession.
    Pour moi étudiante, c’est avec envie que je lis vos lignes ( » et plus tard, c’est moi qui pourrais raconter ça ») et c’est avec tristesse que j’apprends votre départ.

    J’espère que vous n’aurez pas de sérieux ennuis, mieux, que le blog continuera de fonctionner.
    Et merci pour le reste, sincèrement.

    Céline.

  7. Gascogne dit :

    L’anonymat sur internet n’est que très relatif. Il était évident que cela ne pouvait que difficilement durer (j’ai découvert ton identité il y a peu). Mais tout magistrats que nous sommes, nous avons parfaitement le droit de nous exprimer, dans les limites de la loi, bien sûr. Nous ne sommes pas des sous citoyens, et les propos parfois extrêmement virulents de Philippe Bilger ne lui ont jamais valu la moindre poursuite disciplinaire.
    Alors je ne vois aucune raison particulière de fermer ce blog. L’image déplorable de la magistrature nécessite que des gens comme toi s’exprime.
    Et vu que tu sembles avoir perdu la foi dans le syndicalisme, peut-être est-ce le moment de faire bouger le syndicat, qui peut s’avérer particulièrement utile dans ce genre de cas.
    N’hésite pas à me contacter à l’adresse courriel que j’ai indiquée (je t’indiquerai ma véritable identité, bien sûr).

  8. Zythom dit :

    Nous avons échangé OFF depuis le début de votre blog et je n’exposerai pas notre correspondance dans ce commentaire, mais je vous renouvelle tout mon soutien.

    Il est trop facile pour un internaute lambda de vous pousser à continuer quand nous ne sommes que des lecteurs tranquillement installés devant nos ordinateurs.

    Néanmoins, je ne vous cache pas que j’aimerais que votre blog continue, car, même si votre hiérarchie n’arrive pas à apprécier vos critiques et à les accepter (ou à les tolérer), Mme Michu ne risque pas de venir les voir pour se moquer d’eux.

    La fraicheur de la vérité est bonne à entendre.

    Bon courage.

  9. H. dit :

    Observateur attentif et très proche de la vie judiciaire (par un trou de serrure), je ne peux que regretter votre décision car votre témoignage aidait à mieux comprendre le fonctionnement de cette institution primordiale ainsi que les enjeux en cours. Ceux ou celles qui vous poussent à fermer ce blog, alors que je ne me souviens pas d’y avoir de noms mentionnés, montrent à l’évidence que l’esprit de cour est loin d’être mort dans ce pays. De trop nombreux exemples, puisés dans d’autres institutions régaliennes, montrent à l’évidence que l’état de gangrène est bien avancé et que notre pays ressemble de plus en plus à ces villes visitées par la Grande Catherine en Russie: de belles façades avec du vide derrière.

    J’espère sincèrement que vous reviendrez sur votre décision. Bon courage pour la suite.

  10. Marinette dit :

    Tenez bon, on a besoin d’espaces de liberté.

  11. Swazi dit :

    Bonjour Justicier Ordinaire

    Je viens régulièrement sur ce site parce que je le trouve intéressant et audacieux justement.

    Qu’on veuillez vous mettre des poux dans la tête… c’est malheureux. Facile de dire depuis ce côté-ci de l’écran que ce n’est pas le plus important, cependant l’autocensure est bien pire que la censure…

    Reconsidérez la fermeture de votre blog!

    Amitiés,

  12. Triskael dit :

    Bon courage !

  13. rolly dit :

    J’espère sincèrement que vous allez poursuivre votre blog.
    Cela est rassurant de lire des points de vue intelligents, libres et responsables et votre plume est très agréable à lire.
    Bon courage,

  14. Benoît dit :

    Je découvre ce site quand il ferme,
    dommage.

    J’espère qu’il reprendra, ne serait-ce que pour lire les archives.
    bon courage,

    un ordinaire.

  15. Nonmé dit :

    Bonjour J.0,

    Je me rends compte que j’ai laissé un message de soutien sur le blog d’Eolas avant le votre, ce qui est assez impoli…

    Comme je le disais, j’ai découvert il y a peu votre blog, dont j’étais en train de lire (dévorer plutôt) tous les billets, et que j’apprécie ! Dommage pour moi, donc, et surtout déçu pour vous !

    En tout cas, quelle que soit votre décision, vous avez tout mon soutien !

  16. Miaou34+1 dit :

    Bonjour J.O.

    Déjà ? A peine arrivé ?
    Ne cédez pas aux premiers coups de butoir.

    C’est le lot de ceux, dont les bloggers, qui émergent par leurs écrits cohérents, pertinents, intéressants dès leur que leur opinion ne suit pas la masse, dérange, remue les dogmes, les idées reçues, met en lumière cette zone cachée dans laquelle certaines personnes pensent opérer furtivement.

    Rappelez vous l’affaire Zythom, et je pense qu’Eolas, Police Etc et les autres … ont eux aussi reçu des pressions.

    D’ailleurs, notre alchimiste maître Eolas a une recette d’une potion peu orthodoxe pour mener une réflexion, qui implique de mélanger de nombreuses notions, le tout dans un chaudron avec des tasses de thé (autant qu’il en faut jusqu’à épuisement des pistes de réflexion).

    Au plaisir de vous lire à nouveau.

  17. Ti dit :

    Un peu de liberté qui s’en va…
    Quel dommage, car la magistrature a besoin que l’on s’exprime.

  18. Papi éternellement émerveillé par la justice dit :

    Une suggestion.

    Continuez à parler de votre travail mais ne parlez plus de vos collègues ?

  19. Egarée dit :

    Ah ça non!

    Je viens de connaître l’existence de votre blog par l’annonce de sa disparition!

    « Bébé juge » depuis un an et déjà révoltée par notre formation, j’aurai tellement souhaité pouvoir vous lire…

  20. hum dit :

    du gachis…

  21. gauvin dit :

    Je ne connaissais pas votre blog jusqu’à aujourd’hui.
    Si vous arrêtiez je trouverai cela très triste.
    R.Gauvin

  22. Jojo dit :

    Merci à vous.
    Avec tout mon soutien et mon respect

  23. Monseigneur dit :

    Une fenêtre de liberté qui se ferme que nous serons nombreux à regretter. Merci pour votre courage et votre esprit de liberté. Puissiez-vous jamais ni le perdre ni oublier vos idéaux et intégrer la magistrature couchée. Avec mon modeste soutien.

  24. JP Ribaut-Pasqualini dit :

    Cher J.O.,

    J’ai apprécié le ton de vos articles. Je fais partie des avocats « qui se sont retrouvés dans vos propos ». J’émets le souhait que les marques de soutien qui ne manqueront pas de vous parvenir infléchiront votre position et celles de ceux qui vous poussent à arrêter.

  25. crocro dit :

    quel dommage ! j’aurais bien aimé un article sur ces folles des affaires familiales qui cassent du père à longueur de journée ……….

    futur papa , j’espere pour vous que vous n’aurez jamais à croiser leur route !

  26. Lambda dit :

    Courage et merci
    Lambda

  27. Jimmy dit :

    Je viens de copier tout le cache google du site. Novembre-Décembre, deux mois pour un blog, ce ne fut pas long.
    Vous auriez du choisir juge d’instruction comme premier poste, moins de hiérarchie…

  28. Maître Mô dit :

    J’ai été averti par Gascogne, sur le blog d’Eolas, et me joins immédiatement et ab irato au chœur : voulez-vous, s’il vous plaît, ne pas fermer, et restaurer cet endroit ?

    Plein de raisons, mais entre autres :

    - à ma grande confusion, je ne vous ai pas lu auparavant…

    - votre statut ne vous ordonne en rien d’être muet, Gascogne le soulignait…

    - ce sous les mêmes réserves que d’autres, donc sous réserve d’une décision de justice contraire, parce que vous auriez insulté ou diffamé (outragé ?), qui ne semble pas être intervenue ;

    - si des poursuites sont engagées en ce sens, il suffit de s’en défendre, et elle ne peuvent en tout état de cause avoir pour conséquence l’arrêt de ce blog -pas prévu, je ne vous apprends rien ;

    - il est fondamental que les Juristes Blogueurs survivent, c’est bel et bien le dernier carré où l’on cause droit de droit, et la grande liberté qui règne sur le Net est un véritable trésor, particulièrement en ce qui concerne le monde judiciaire.

    Je trouve d’ailleurs, humblement, qu’on pourrait tous se regrouper (les JB), association ou autre, pour le plaisir mais surtout, évidemment, si ce genre d’attaque doit commencer…

    Je suis à votre disposition si ça peut vous être utile, côté blog ou côté ville.

  29. Marie-Christine BLIN dit :

    Je n’ai pas l’écoute exceptionnelle d’Eolas mais j’ai autant le courage de mes opinions que lui … je vous offre l’asile de mon blog quand vous voulez, en assumant même vos écrits à votre place si cela doit vous permettre d’éviter les pressions hiérarchiques.

  30. chabian dit :

    Pour prendre du recul, mon témoignage. Il y a quatre ans, dans un autre pays d’Europe. Le blog politique d’un ancien journaliste propose des articles et un forum sur la situation « démocratique » d’une grande ville industrielle. Elus et citoyens participent librement, fortement parfois. Arrive une polémique sur un élu important de l’opposition, dans une période électorale. Cet élu a fait le « chevalier blanc » dénonçant justement les turpitudes du parti gestionnaire, mais en en retirant le meilleur profit électoral. On reproche au webmaster d’en dire un peu de mal de cet élu, lui s’en défend. Moi, militant associatif, je fais sous pseudonyme un message qui décrit et analyse le site internet de cet élu, montrant que ses pratiques de clientélisme ne sont pas plus ‘blanches’ (vertueuses) que ce qui est habituel du milieu politique. Rien de délictueux, mais du copinage. Bon. Trois jours après, le webmaster du forum bloque un message anonyme qui dévoile haineusement mon identité. Tout va bien ? Non, l’élu important convoque mon chef associatif. Et lui demande comment il peut employer (depuis 25 ans) un type comme moi… Heureusement, j’avais prévu le coup et préinformé mon chef. Mais voilà que je dois ensuite lui montrer et justifier tous mes messages sur ce forum, montrer que je suis ‘inattaquable’ ! Pourtant c’est ma vie privée ! Et on me demande de délaisser plusieurs activités publiques de ma profession ! Je consulte même un avocat sur mes messages, qui n’y trouve aucun délit. C’en est trop de pressions ! Je craque durant plus d’un mois. Ensuite cela se tasse (les élections locales sont passées). Mais deux ans plus tard, le constat d’un « burn out » m’oblige à arrêter définitivement toute vie professionnelle … quatre ans avant l’age de la retraite. J’avais fait de cette association l’oeuvre de ma carrière, elle était mise en danger par ma faute, mais sans aucune faute.
    L’élu a prétendu à mon chef qu’il avait l’info sur mon pseudonyme « légitimement », du fait de la protection policière qu’il mérite. Mais son demi-frère est informaticien et/ou bien introduit à la police, selon le webmaster. Donc…

  31. Kiki dit :

    Ne vous arrêtez pas !
    Comme beaucoup, je ne vous lis que depuis quelques semaines, mais la liberté de ton et l’honnêteté de vos propos est quelque chose de vraiment précieux.
    Donc ne vous arrêtez pas, s’il vous plaît.

    Et puis vous donneriez raison à ceux dont on imaginent qu’ils exercent des pressions sur vous ;
    alors, quoi !?!

    Continuez, et soyez assuré de mon soutien, même si ce n’est que peu de choses…

  32. Robin marc dit :

    Je comprends parfaitement la position de repli de « Justicier ordinaire ». J’ai été moi-même un fonctionnaire dit d’autorité au sein de l’éducation nationale et les pressions exercées par ma hiérarchie dans tous les domaines de nos relations avec les élus locaux, départementaux ou régionaux étaient pire qu’intolérables : insultantes. Rien le droit de dire ou d’exprimer par écrit, la soumission à tout ce qui risque de compromettre votre carrière ou votre avancement et cela face à des élus incompétents et imbéciles à un point inimaginable. Comme nous ne sommes que des êtres humains chargés de responsabilités familiales, il fallait se mettre à plat ventre ou démissionner. La dernière position étant intenable, je suis parti à la retraite le 1er jour de mes soixante ans. La France crèvera de cet aveuglement du service public

  33. Julien dit :

    Je fais parti de ces internautes silencieux, qui se réjouissent de blogs et de plumes tels que les votre.

    Je la prends donc aujourd’hui pour vous dire mon admiration et mon soutien.

    Que vous continuiez (ce que j’espère de tout coeur) ou que vous arrêtiez, sachez que vous avez largement contribué à rapprocher l’humain lambda et le juriste que je suis du Droit (qui mérite sa majuscule) et de la Justice (qui grâce à des gens comme vous peuvent la retrouver).

    Quoi qu’il arrive Merci !

  34. réflexive dit :

    Je me joins au choeur des regrets
    Peut-on encore consulter les archives ? (je ne sais malheureusement pas copier le cache Google comme un autre commentateur ..)
    Bon courage,

  35. Mazeaud dit :

    le petit prof de Droit que je suis vous prie de ne pas vous taire à l’avenir. Votre silence serait une victoire de plus pour tous les censeurs, les lèche bottes et les fayots. Ne leur procurez pas cette joie, ils ne ma méritent pas. Courage et Panache, Monsieur le Juge!!! Restez libre, continuez à user de votre droit de parole!

  36. Hugues dit :

    C’est bien dommage…

  37. Toréador dit :

    Je ne vous lisais pas, mais je me serais bien volontiers battu pour que vous puissiez écrire…

  38. rene dit :

    Tenez bon…

    Je connais aussi le découragement, mais l’avenir de notre démocratie et de notre justice repose sur les esprits libres, pas sur les valets aux ordres…

    Mon confrère EOLAS le dit mieux que je pourrais l’exprimer… RESTEZ

    http://www.maitre-eolas.fr/post/2010/01/23/En-plus-du-collier-pour-la-soupe%2C-rajoutons-la-museli%C3%A8re

  39. Caïus dit :

    Ne lâchez pas et souvenez-vous de ce que Molière disait pour les grincheux mécontents : « Qui se sent morveux, qu’il se mouche ! »

    ET pour vous, magistrat qui défendez une haute idée de votre métier et de ce que devrait être la justice dans notre République, considérez que sur Internet, la parole comme la plume sont libres…..

  40. Fantômette dit :

    Je m’associe à l’ensemble des commentaires ci-dessus pour y ajouter ma voix et vous prier de reconsidérer votre décision.

    Peut-être certains de ceux qui se sont sentis offensés ou mis en cause par l’un ou l’autre de vos billets pourraient-ils prendre connaissance des dispositions de l’article 1 du décret 2007-1527 du 24 octobre 2007, relatif au droit de réponse applicable aux services de communication en ligne ? S’ils le font, sans doute constateront-ils que le droit positif les autorisait à répondre pied à pied – sur votre blog – à quelque remarque que ce soit, faite à leur propos et qui leur aurait semblé injustifiée, dans le plus strict respect d’une liberté d’expression qui n’est qu’un mythe républicain si elle n’est pas équitablement partagée.

    Cela ne me semble pas trop demander à ceux qui se font les très zélés gardiens des gardiens de nos libertés.

    Bien amicalement, depuis l’autre côté de la barre.

  41. NP dit :

    On comprend que vous souhaitiez préserver votre carrière, après tout d’après les autres commentaires vous valez autant, sinon mieux, q’un autre. Quitte à monter autant que ce soit vous, même un peu silencieux.
    Cela dit, on crève de conformisme, de politiquement correct et de refus d’assumer.
    Alors je préfèrerais vous lire.
    Et c’est ennuyeux, j’ai commencé par le mot de la fin (?).
    Cordialement à vous.

  42. sevand dit :

    Je vous avez tendu la perche en précisant qu’il était possible d’identifier votre juridiction…Internet ne préserve pas de tout.

  43. Cidroc dit :

    J’espère que vous reviendrez sur cette décision pour tout ce qui a été dit plus haut : votre bravoure, le fait que vous nous appreniez ce qu’est votre métier, ce qu’il se passe de l’autre côté du miroir, ce qu’il se passe loin de se que dit les politiques et les journalistes mal informés.

    Je regretterais si vous arrêtez comme bon nombres d’anonymes qui venaient, lisaient, partageaient un moment de votre vie, sans forcement la commenter.

    Bon courage à vous, et à bientôt, j’espère.

  44. zadvocate dit :

    Qu’il est bien triste d’en arriver la dans un pays démocratique … J’imagine que si l’auteur prend la décision d’arrêter la c’est qu’il a subit de fortes pressions et ne souhaite pas subir de « représailles ». Très triste.

  45. thomcoll dit :

    A la lecture de vos billets, j’avoue comprendre pourquoi on souhaite vous faire taire.

    De tout coeur avec vous.

    Avocat syndiqué, je me tiens à votre disposition pour qu’éventuellement, nous puissions intervenir.

    Syndicalement votre

  46. Alex dit :

    Cher collègue (je suis magistrat comme vous, mais du siège),

    Vous avez tout mon soutien.
    Ce métier veut nous contraindre de plus en plus à nous taire,à ne jamais réfléchir à notre métier.
    En quelque sorte, nous sommes priés d’exercer des responsabilités « suprêmes » sur les justiciables (décider de leur liberté, de leurs enfants…), mais sommes traités au quotidien comme des gamins, infantilisés par un statut quasi militaire (les grades, les mutations préparées par le pouvoir exécutif et à peine contre-balancées par un CSM désormais très politisé), et confits dans des usages judiciaires mijotés dans la naphtaline.
    J’ai (je pense) deviné votre réelle identité, et je sais par conséquent que vous êtes quelqu’un de grande valeur. Si je peux un jour vous « rendre justice », je le ferai.

  47. Clisthène dit :

    Tout mon soutien cher ami dans cette lutte face à la censure de cette société oligarchique marchande.
    La France, Ô combien décrite comme un état de droit en est tout autre, et ce malheureux exemple est bien là pour l’illustrer.

    Les groupes d’influences politiques et économiques ne supportent pas d’être mis sur un piédestal pour le peu bancal et dénonçant.
    L’élite de cette société, embrigadante à outrance, commence sérieusement à me taper sur l’encéphale, et je crois bien qu’il nous faudrait à tous, créer, créer, et encore créer blogs et site, pages , journaux, pièces de théâtres et autres moyens de contestations, pour railler, dénoncer, nous regrouper, pour montrer que le peuple lui ne s’éteint pas mais réagit, et peut mordre lorsqu’on s’y frotte trop souvent.

    Courage l’ami
    En espérant vous lire sous peu

    Léthé

  48. drôlette dit :

    Ce que je constate : que des regrets si le blog s’arrête.
    Moi aussi je vous apporte mon soutien et renouvelle ma joie de vous lire. Casser une telle plume serait bien dommageable pour notre société qui a aussi besoin de vous pour grandir.Mes pensées vous accompagnent. Courage !

  49. Nice Judge dit :

    En relisant certains articles, je réalise à quel point ce blog me manquera.
    Pour l’heure, nous devons te défendre.
    Mais plus tard ?
    Pourquoi ne pas créer un blog commun, qui s’appellerait « Justiciers Ordinaires » où des magistrats de tous les tribunaux de France écriraient des billets pour dénoncer les turpitudes ordinaires de notre admnistration ou de nos chefs, les mesquineries de certains collègues, raconter notre infini respect des justiciables et de leurs histoires, notre passion du droit… Si nous étions nombreux, nous serions impossibles à identifier.
    Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place.
    Mais je rêve.

  50. InspectionDuTravail dit :

    Je venais de découvrir (et de référencer !) votre site, et je tiens à vous féliciter pour l’intérêt qu’il présentait pour le public…. et pour la justice.

    Ce type de blog permet en effet à tout le monde de comprendre de manière vivante comment fonctionne la justice, sans, de ce que j’ai pu y lire, que les intéressés, même s’ils peuvent se reconnaître (mais sans être reconnus par les autres, c’est là l’essentiel), n’aient à subir plus de désagréments que ceux qui résultaient de vos décisions (qui, même si ce ne sont pas des jugements puisque vous étiez au parquet, ont bien une influence sur la vie des gens) ou prises de positions.

    Et les histoires internes à votre juridiction, si elles n’avaient peut être pas vocation à se retrouver sur la place publique, étaient rapportées dans des termes qui a aucun moment ne m’ont fait ressentir une atteinte au respect dû aux juridictions où à leurs chefs, qui ne sont que des hommes…

    Il aurait été à l’honneur de vos responsables de se contenter de préciser avec vous les quelques règles à respecter dans le cadre de votre liberté d’expression.

    Pardon de profiter de votre expérience malheureuse, mais votre histoire me conforte dans le choix fait sur mon propre blog de ne pas raconter les affaires que je traite de manière trop directe pour éviter d’être reconnu, non par lâcheté mais pour assurer un minimum de pérennité à mon blog (mon nom vous laissera facilement deviner ma profession). Même si je suis conscient que du coup un site est bien moins intéressant parce que nous aimons tous les histoires… et qu’elles sont un bon prétexte pour engager des débats de fond.

    Il vous reste l’action syndicale pour disposer d’une plus grande liberté d’expression.

    J’imagine l’amertume qui est la votre, et j’espère que les nombreux témoignages de sympathie postés ici et ailleurs vous réconforteront.

  51. Ur-nammu dit :

    Cher JO,

    J’ai lu votre blog avec mon regard venu d’ailleurs. J’ai apprécié votre liberté de ton, votre parole caustique et drôle, vos colères contre les dysfonctionnements d’une institution que vous voulez quitter, mais qu’au fond, vous aimez tant. Alors, pour ceux qui s’offusquent qu’un magistrat puisse avoir l’audace de donner son avis sur la justice ou sur ses collègues, voici quelques phrases écrites par des magistrats. Vous auriez pu en écrire certaines. Elles parlent des basses préoccupations des uns et de l’incompétence des autres, du poids de la hiérarchie, de la déception des plus motivés. Les auteurs de ces lignes ont-ils été inquiétés ? Ont-ils subi des pressions ? Ah, j’oubliais, il s’agit de magistrats hors hiérarchie, ou très médiatisés…Bon courage, justicier ordinaire! Vigilants, nous restons à vos côtés.

    Eric HALPHEN, Sept ans de solitude, ed. Denoël : « Les sempiternelles conversations relatives à l’avancement, à la mutation toujours contestée du voisin, aux comparaisons pointilleuses entre les charges de travail respectives …pallient mal une absence quasi totale de réflexion sur notre charge, notre mission…On a pu écrire que la magistrature était un petit métier pratiqué par de petites gens… mes collègues me déçoivent jour après jour » (pp.13 et 14)

    Gilbert THIEL, On ne réveille pas un juge qui dort, ed. Fayard : « La force de caractère et l’autorité qui m’étaient prêtées par mon chef de juridiction s’investissaient entièrement, selon lui, dans une attitude de contestation systématique de la hiérarchie. Même quand je ne faisais rien, j’étais suspect et même coupable : « Même sous la forme passive, le comportement de M. Thiel est hautement perturbateur… »(p.332)

    Philippe BILGER, Un avocat général s’est échappé, ed. Seuil : « Il m’est arrivé de supporter la présence permanente, dans mon cabinet, du procureur ou de l’un de ses substituts. Bien évidemment, ils ne venaient pas me manifester leur soutien, mais exercer un contrôle qui s’apparentait fortement à du caporalisme…Au bout d’un an, le procureur de Lille ne me saluait plus … »(Page 20).

    Eric HALPHEN, ib. : « On pourrait supposer que les magistrats de la cour d’appel, étant plus anciens et plus expérimentés… sont plus compétent que lui (le juge d’instruction). C’est vrai parfois. Mais malheureusement, c’est aussi souvent l’inverse. J’ai rencontré beaucoup de membres de chambres d’accusation qui n’avaient pas une grande compétence » (p.127)

    Eric de MONTGOLFIER, Le devoir de déplaire, ed. Lafon : « L’année 1968 n’était pas si lointaine et l’air de liberté qui l’avait imprégnée ne s’était point encore évaporé…L’insolence n’était pas loin et quelques hiérarques pontifiants en firent les frais. Le premier président de la cour d’appel de Rennes se vit interroger publiquement sur son comportement pendant les années d’occupation ; il blémît… » (p.18).

    Philippe BILGER : à propos de Rachida DATI, alors garde des sceaux, ministre de la justice : « C’est une femme, un symbole et le chouchou du couple présidentiel… Elle n’a pas été choisie prioritairement pour sa compétence… Je ne tolèrerais pas qu’en amont elle vienne se pencher sur mon épaule pour me dire ce que je dois requérir… »

    Eric de MONTGOLFIER, ib. : »On me demanda si je n’avais pas manqué à l’obligation de délicatesse envers mes collègues…J’en restai bouche bée et demeurai prostré quelques instants…Je m’éloignais de ce ministère amer, écoeuré de ce que je n’avais pas cru possible. Aujourd’hui je n’en éprouve qu’un regret, celui d’avoir serré la main de l’Inspecteur général » (p.310).

  52. oneiros dit :

    Si même vous, vous laissez tomber, rien ne va plus.
    Qui va rester pour dire ce qui se passe ?
    Je conçois que votre position n’est pas confortable, mais j’espère vous voir revenir sous un autre nom, un autre blog qui abordera peut être plus discrètement les faits qui permettent aux gens de se reconnaitre.

    Ne lâchez pas comme le syndicat l’a fait !!!

    Bon courage.

  53. alain clergue dit :

    ne cédez pas aux presions , continuez
    si vous avez trop de problèmes, je suis maintenant à la retraite et je peux relayer vos billets si j’arrive à faire un blog
    courage, ne fuyons pas

    alainj clergue président de chambre d’instruction à la retraite depuis septembre 2009

  54. citoyenlambda dit :

    Le fait que vous cessiez votre blog ne peut-être qu’un fait de plus attestant des pressions dont sont victimes les magistrats.

    Comme tout justiciable vous êtes tenu de respecter toute la Loi mais uniquement la loi rien de moins rien de plus.

    La personne qui nous tient lieu de président (mais qui ne préside pas) prend des libertés inacceptables avec la République, comme la tentative de faire nommer son fils à un poste d’influence, ou d’utiliser ses pouvoirs pour faire imoger un directeur de la sécurité en Corse apres que la pelouse d’un de ses amis fut foulée par des indépendantistes mais qui n’avait pas réagit à l’incendie volontaire du bâtiment du conseil régional.

    La même personne veut supprimer le juge d’instruction.

    En tant que citoyen je n’ai aucune confiance dans la personne en question, et les tracasseries dont vous êtes victime s’ajoutent à la liste des preuves factuelles que les magistrats n’ont pas des conditions de travail qui leur permette de rendre la justice dans la sérénité nécessaire.

    Bon courage à vous, vous rendez la justice au nom du peuple français et non au nom du vainqueur des dernières élections présidentielles ou de son parti, à ce titre recevez tout mon soutien de citoyen.

  55. Soleillade dit :

    Je n’ai connaissance de votre blog qu’aujourd’hui, un peu tard penserez-vous. Quoiqu’il en soit il n’est jamais trop tard pour dire que c’est dommage que la liberté tout court soit ainsi brimée. Maintenant je vais aller lire pourquoi on « éteint » cette voix …

  56. Soleillade dit :

    Ha zut, y a plus rien … Tant pis pour moi, mais je regrette cette censure

  57. my foot dit :

    j’ai eu l’occasion de lire ce jour une dernière brève qui vous est attribuée sur « la pesanteur de l’institution en ces jours de mobilisation » et de découvrir par la même occasion vos réflexions…et je vous comprends, il m’arrive parfois de me sentir à l’étroit dans cette profession que j’ai pourtant embrassée avec vocation. Mais si je peux me permettre, et sans vouloir donner de leçon (ce que je ne peux me permettre de faire en toute honneteté)…finalement, la fermeture de ce blog, de ce lieu d’expression, de cet espace de liberté, est la représentation même de la muselière (ou frilosité?)que vous dénoncez. Sans considération idéologique, n’est il pas possible de poursuivre la réflexion d’une manière ou d’une autre?

  58. /2009/09/ dit :

    Les temps sont durs… pour tous le monde…

    un petit tour sur google : cache:http://justicierordinaire.unblog.fr/1_petit_peu_d_imagination

    ;-)

  59. Doc dit :

    On reproche aux magistrats de vivre en dehors de la société qu’ils jugent. On leur reproche d’être déconnecté des réalités, de manquer d’empathie, de finesse.

    Votre blog a recréé du lien entre les citoyens et leur justice. Une justice humaine, avec ses travers, mais une justice nourrie d’idéaux. Des idéaux qui, seuls, nous font tenir.

    Cette fermeture tonitruante a un mérite : elle a ouvert un débat, au moment où il y en avait le plus besoin.

    Soyez donc fier de cette oeuvre, commise dans l’intérêt commun.

    Cordialement

  60. Justiciable Lamda dit :

    Bonjour,
    C’est l’article paru dans « Le Monde du blog » qui m’amène jusqu’ici.
    Malheureusement, si j’ai bien compris, non seulement vous avez du vous rendre à Canossa, mais pour faire bonne mesure, l’on vous a contraint à d’abord « passer au pressing ». En effet, je m’aperçois que l’ensemble de vos articles qui ne plaisaient pas à votre hiérarchie ont été intégralement « auto-censurés » De la destruction de preuves en quelque sorte.
    Bon courage et bonne carrière.
    Cordialement
    Un justiciable lamda

  61. DELVILLE Claude dit :

    Bonjour
    Le septuagénaire que je suis devenu aprés 30 ans d’expérience humanitaire en Afrique et notamment au Maroc. J’ai vécu des moments trés durs par ce que j’ai vu en misère en corruption en non volonté politique. J’ai été mis plus bas que terre. J’ai comme principe de vie que celui qui t’encense aujourd’hui te démolira demain. Si tu es en accord avec toi même, peu importe l’apparence du potier pourvu que son vase ne soit pas poreux. ma devise SERVIR SANS ASSERVIR NI ETRE ASSERVI.
    Quand on a une bonne idée on va jusqu’au bout.
    J’ai raconté mon expérience sur mon blog
    http://delville.over-blog.fr
    amicalement.

  62. Citoyen dit :

    Vos articles joignent l’utile à l’agréable : j’espère que vous bénéficierez d’un soutient suffisant pour continuer ce blog.

    Courage.

  63. NP dit :

    J’ai pu lire quelques billets dans vos archives. C’est drôle, fougueux, sans doute vrai mais sans merci ! On comprend que vous n’êtes pas au Quai d’Orsay et que les esprits empreints de hiérarchie et de respect des ordres établis ont avalé leur quatre-heures de travers.
    Sans vous compromettre, un peu de rondeur feraît passer tout ça. Il est vrai que, quand ça déborde, on a du mal à retenir les chevaux.
    J’espère encore que vos collègues et amis sauront vous soutenir et vous aider à continuer.
    Cordialement à vous, toujours.

  64. Christian dit :

    Quel type de pressions avez-vous subi pour arrêter ce journal ?

    Bien cordialement

  65. petitpoisépicé dit :

    Cher justicier méhaigné,
    Comme je comprends votre amertume ! votre lassitude !
    Magistrat depuis seulement quatre ans, je suis déjà dégoûtée pour bien moins que ça.
    Il vous est sans doute nécessaire de souffler un peu.
    Nul doute cependant que vous reviendrez, d’une manière ou d’une autre.
    Nombreux sont ceux qui pensent comme vous, tout en reconnaissant être parfois excessifs mais c’est là le propre de la colère, et diable sait comme nous avons des raisons d’en avoir.
    Peu ont votre talent et votre drôlerie, ils en auraient sinon fait autant.
    Votre blog dont je ne découvre l’existence comme beaucoup que ces derniers jours, est aussi nécessaire que celui d’eolas.
    Alors, prenez quelque repos et faites quelque chose pour la collectivité : REVENEZ DES QUE POSSIBLE.

  66. Blondeau-Patissier dit :

    Bonjour,
    Je n’avais pas pris la peine de vous lire jusqu’alors. Peu importe qu’on soit d’accord ou pas avec ce que vous écrivez. L’histoire de votre blog révèle combien les magistrats souffrent de ne pas pouvoir sainement remettre en cause leurs fonctionnements et pratiques. Je voudrais seulement que vous sachiez que vous n’êtes pas seul. Je vous souhaite beaucoup de courage pour traverser cette épreuve et vous invite à garder confiance en vous et aux valeurs qui vous habitent.
    Cordialement.

  67. Little Law Student dit :

    Bonsoir Justicier ordinaire,

    Je joins ma modeste voix d’étudiant en droit au concert déja florissant des internautes, autrefois silencieux, qui réclament votre retour… Avec votre départ, c’est une flamme d’espoir qui s’éteint, si tous les magistrats de votre trempe en viennent à se taire, qu’adviendra t-il d’une justice déja si mal en point?

    Nul doute que les gens de votre envergure seraient en mesure de résoudre la crise de l’institution, c’est bien pour cela qu’on vous condamne aux ténèbres. Vous avez déja fait preuve de courage et d’audace en rédigeant ce blog, n’est il pas de votre devoir de continuer sur cette voie?

    Quoi qu’il en soit, recevez tout mon soutien.

  68. Antigone dit :

    Quelle tristesse.

  69. ettepol dit :

    minable !
    Un « j’en ai marre ! », CA, je comprend. Mais rendre les armes sans combatre … j’en reste baba !?
    Un magistrat incapable de se défendre lui-même, J’aurai vraiment tout vue. Vous avez raison d’arréter ce blog. Peut être devriez vous aussi changer de métier ?

  70. YL dit :

    Cher JO,
    En tant que Mme Michu, je me suis senti bien des fois visée par vos propos, ou plutôt aiguillonnée : votre ton à la fois incisif et ironique et vos arguments toujours percutant m’ont très souvent interpelée … et fait rire ! Il est dommage que vous soyez obligé d’arrêter votre journal, mais sachez que vous avez éveillé mon intérêt sur des sujets bien rébarbatifs pour la pauvre Mme Michu que je suis.
    Avec tout mon soutien.

  71. quotidiendepj dit :

    Je tombe un peu sur le « derrière » en lisant cet « article ». Cela ne vous rassurera pas. Vous l’avez compris, je suis un peu, finalement, comme vous, dans la maison d’en face. Un petit policier, parmi et comme les autres.
    Mon envie de gerer un blog a été la même que vous. Faire comprendre, à travers certains écrits, comment je vivais les choses, ce qui se passe dans le petit monde de la PJ, et comment on vit des situations, tant judiciaires qu’administratives.
    Et, comme vous, j’ai eu, il y a quelques mois, un « retour de bâton ». Des collègues syndicalistes sont venus me voir, un jour, à 3… J’ai de suite senti que la discussion était étrange, gênée. Au bout de quelques minutes, un d’eux s’est lancé. « On sait que c’est toi qui tiens le blog « quotidiendepj ».
    - ON nous a appelé », m’a-t-il dit.
    - Mais qui est « on »?
    - un patron.
    - mais d’où?
    - Haut placé, on ne peut pas t’en dire plus
    - Mais, haut comment? à la Direction? (PJ, s’entend)
    - Oui, mais même un peu plus haut.
    - On nous a demandé de te parler. Fais attention; ils n’apprécient pas trop.

    Certes, ce n’est pas un citoyen qui m’a fait part de sa désapprobation. Mais ma hiérarchie.
    On m’a donc mis en garde. J’ai été tenté de faire comme vous, tout simplement arrêter.
    Et puis j’ai réfléchi. Je me suis dit que, à partir du moment où je ne portais pas atteinte à l’honneur d’une personne, en la citant nommément, en l’insultant, que pouvait-on me reprocher?
    Vous êtes magistrat, et moi policier. Nous avons effectivement un rapport avec le public, les justiciables. Il y a ce que la procédure nous demande de faire, notre fonction, notre mission. Et il y a aussi l’idée que nous avons de telle ou telle affaire, voir du comportement de notre administration.
    Tout comme moi, vous n’avez jamais été insultant, envers qui que ce soit; jamais manqué de respect à qui que ce soit.
    De fait, quelle raison aurait-on d’arrêter?
    Ma réflexion m’a porté à me dire qu’il n’y avait aucune raison. Tout simplement, je m’oblige à faire « plus attention » à mes écrits.

    J’espère que vous arriverez à la même conclusion que moi.
    En espérant vous relire très bientôt.

  72. Spateufbeudeuf dit :

    La fin de ce journal ne doit pas signifier la fin de tes écrits. Internet ne change pas grand chose à la nature humaine, à ses vanités biens concrètes qui nous empêchent de crier les vérités qui nous tiennent à coeur. Je n’ai pas lu tout ce que tu as publié sur ce blog mais je pense que tu as tord de penser que tu ne peux rien en faire. Ces « petites histoires » me paraissent à moi intéressantes et la façon que tu as de les présenter peuvent se retrouver entre les mains d’un lecteur allant de la famille Michu jusqu’au fin fond de la hiérarchie non citée dans tes textes.

    Tu as des choses à dire, écris les … publie les … ça te laissera le temps de te retourner et ça mettra un joli point final à ce blog.

    et comme disent nos amis les allemands
    « Und oft ist mehr Tapferkeit darin, daß einer sich hält und vorübergeht: damit er sich dem würdigeren Feind aufspare » – Friedrich Nietzsche – Also sprach Zarathustra.

  73. gaelic dit :

    Vous avez également tout mon soutien.
    Vos billets plein d’humanité vont nous manquer… »la plume est serve, mais la parole (n’) est (pas toujours) libre… » …manifestement…
    A bientôt

  74. Petit Caliméro dit :

    Cher Justicier ordinaire,

    quelle tristesse de n’avoir pu vous lire dans votre intégralité !

    je sais (pour vous connaître) combien vos qualités littéraires et humaines sont grandes…

    je suis déçu que la hiérarchie est réussi à vous « museler » car c’est le terme à employer dans ces circonstances…

    je souhaite que vous puissiez d’ici peu rouvrir une nouvelle page de discussion n’en déplaise à qui vous savez !

    vous avez tout mon soutien et j’espère que vous saurez vous protéger malgré tout…

    A très bientôt pour de nouvelles aventures !

    Une personne ordinaire qui souhaite voir perdurer notre collaboration ;)

  75. Michel Moutardier dit :

    Gendarme, je retrouvais dans ce blog l’ambiance d’un Parquet « ordinaire », ses affaires, ses contraintes, sa hiérarchie… rien de diffamatoire !
    Continuez à nous montrer que sous cette robe et cette toque, un Magistrat peut s’exprimer librement, dans le respect du genre humain, comme vous l’avez fait jusqu’à maintenant.

  76. peuple.net dit :

    Il m’est difficile d’apprendre que votre (notre ?) humble tâche s’arrête là. Votre façon d’aborder le blog, au vu de votre billet d’aujourd’hui était non seulement la bonne, mais c’est d’elle dont nous avons besoin.

    Je ne peux que vous encourager…à recommencer sous un autre pseudo. Si vous avez besoin d’un espace de diffusion, je vous propose de diffuser ponctuellement ou régulièrement des billets sur mon blog.

  77. fcpog dit :

    ah….non !!! il ne faut pas baisser les bras ainsi….
    mais quel choix se présente à vous…?
    poursuivre ….mais avec quels risques ?stoppez…mais à nouveau bouillir ?
    peu importe …votre choix…sachez simplement que c’est de tout coeur que nous sommes avec vous…
    et que c’est très sincèrement que nous vous exprimons notre soutien….

    cela faisait un moment que je prenais plaisir
    à lire ces « nouvelles »….elles me rappellaient le quotidien de l’OPJ de province ….pour le meilleur et pour le pire…confrontée aux mêmes problèmes que les votres mais dans une administration voisine…

    sachez simplement que c’est avec plaisir que j’ai travaillé sous votre « coupe », comme celle de « certains de vos collègues » du TGI, j’ai bien dit certains de vos collègues….donc pas tous…mais oui pardon il ne faut plus rien dire !!!

    affectée …ailleurs…et à d’autres tâches, je
    n’ai pas oublié vos qualités humaines indéniables, votre franc parlé …et votre compréhension ….

    sachez que le meilleur soutien que j’ai pu recevoir avec mes co-équipiers, à l’époque c’était de certains magistrats et non pas de notre propre hiérachie…visiblement occupée comme la votre à l’étude des statistiques …

    alors bon vent à vous justicier ordinaire…et au plaisir !!

    trés trés respectueusement …..

  78. Canard dechaîné dit :

    Bonjour cher Justicier

    Je n’ai pas eu la chance de lire vos billets (sauf quelques extraits dans le canard enchaîné). E

  79. babydog451 dit :

    Bonjour Monsieur le Procureur,

    Je n’ai pas pu lire vos billets mais, tout comme vous, comme un des URGENTISTES qui a laissé sortir sa colère, je me retrouve muselée plus ou moins car je m’attaque à un laboratoire qui m’a empoisonnée.

    Si vous lisez mes billets sur mon blog, vous comprendrez car vous risquez de traiter des affaires en rapport avec ce médicament qui est l’AGREAL.

    Le référé pour 59 dossiers en rapport avec, passe aujourd’hui au TGI de Paris.

    J’ai une vidéo sur Dailymotion et sur la page d’accueil de : http://www.victimes-agreal.info.

    Je suis la personne qui mets en plce ce site. J’ai acheté mon site afin que l’on ne puisse m’enlever, sauf sous pression juridique, tous mes écrits et autres documents.

    Elle dure 8 minutes dont les 3 dernières minutes, j’interpelle la ministre de la santé. You TUbe en a coupé les 3 dernières minutes.

    Il est reconnu, depuis une certaine élection, qu’il ne faut pas aller à l’encontre du « désirata » des politiques tous confondus et quelque soit leur niveau.

    Ne me parlez pas des syndicats… Il n’y en a plus, ils sont tous achetés !

    Des parties d’opposition… Y en a plus, ils font du cinéma devant la TV mais après ils se retrouvent tous pour aller à la chasse.

    Je pense que pas mal « de dossiers blancs » doivent se trouver dans un coffre bien gardé au cas où quelqu’un oserait s’élever contre l’institution qui est en place.

    Le droit à l’expression est en entrain de mourir, la liberté est entrain de mourir et personnes ne peux plus rien sauf si, chacun à notre niveau, nous refusons de nous faire museler tout en restant respectueux des hommes et de la hiérarchie !

    Tout comme les médecins (pourtant je suis en pleine bagarre avec ce milieu) votre profession est un très beau métier.

    Le médecin soigne (normalement) le physique et parfois le moral mais vous, magistrats, vous êtes les garants de la justice pour tout le monde (là aussi je suis devenue dubitative)

    Vous êtes un des rares qui osez dire ce que vous ressentez, ce que vous vivez tout en gardant et respectant l’identité de vos confrères puisque vous ne les citez pas !

    Monsieur le Procureur, restez vous même et surtout ne cessez pas d’écrire.

    Allez ailleurs pour faire votre blog mais continuez… !

  80. Laure dit :

    Il y a pire que le bruit des bottes, il y a le silence des pantoufles

    Vous avez, à votre niveau, eu le courage de décrire un peu de votre qotidien, de vos états d’âme qui n’ont rien d’autre que de caractériser votre humanité.
    Ceux qui vous font taire s’imaginent peut-être que la population de ce pays vit dans le monde des bisounours et croit que la justice est belle, glorieuse, infaillible… ?
    Ils viennent de nous démontrer magistralement le contraire
    Et eux, se taisent !

  81. nico dit :

    comme tous les magistrats , vous ne meritez qu’une seule chose : disparaitre ! j’espere que d’autres suivront .

  82. Goupil dit :

    Qu’il est désagréable, ce goût amer de censure camouflée en auto-censure. Où sont donc passés tous ces articles drôles et salutaires, qui tendaient à donner un visage humain à une institution qui en a grand besoin ! Félicitons-nous en coeur de l’avènement d’un nouveau héros en la personne du juge Dominique Pauthe (ou pas, puisque son geste courageux a fatalement une dimension politique), et assurons J.O. de notre sympathie, puisque c’est tout ce qu’il nous reste à faire …

  83. gourmette dit :

    Je trouve ton blog tres sympathique et te souhaite une bonne continuation.

  84. dhlin dit :

    Trop pris par le travail…
    Trop occupé par la tribu…
    Trop centré sur mon entourage…

    Trop absent du net…

    Et là c’est toi qui t’en va…

    Courage, tiens nous au courant si tu n’as pas égaré notre mail ou notre téléphone, la porte restera ouverte, contrairement à ton blog, hélas…

  85. Deputy Sheriff dit :

    Bon… je constate que vous êtes toujours en exil à Canossa. Vêtu de votre robe de pénitent et en procession sur le web, vous avez porté votre croix tout en vous auto-flagellant, promettant « je ne recommencerai plus monsieur le Président »… mais ça fait maintenant près de deux mois que ça dure et ça commence à être long ! Après avoir confessé vos fautes et fait acte de pénitence, il serait temps que vous passiez à l’étape suivante : obtenir l’absolution et reprendre votre plume numérique. Au plaisir de vous (re)lire cher J.O.

  86. betnet dit :

    ah non, il ne faut pas vous arrêter, tant pis pour les mécontents. Vive la liberté d’expression, vous êtes un bel exemple

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